Recette d’un site web : la checklist avant la mise en ligne
Cahier de recette, parcours, formulaires, paiements, mobile, accessibilité, SEO, retour arrière : la checklist pour mettre un site en ligne sans surprise.
8 min de lectureLire le guideModèle de cahier des charges pour un site internet, commenté rubrique par rubrique : objectifs, pages, contenus, technique, SEO, RGPD et critères de recette.

Le cahier des charges est la base commune entre vous et le prestataire qui construira votre site. Bien écrit, il permet de comparer des devis qui parlent du même projet, de trancher un désaccord en cours de route et de dire, à la fin, si le site est terminé. Mal écrit ou absent, il laisse chacun imaginer un site différent.
Le modèle ci-dessous suit 13 rubriques, dans l’ordre où je conseille de les remplir. Pour chacune : ce qu’il faut y écrire, un exemple type et le piège à éviter. Reprenez les titres dans un document, répondez aux questions, et vous aurez un cahier des charges utilisable tel quel.
Un cahier des charges décrit des besoins et des contraintes, pas des solutions. « Les clients doivent pouvoir réserver un créneau en ligne et recevoir une confirmation par e-mail » est un besoin. « Installer tel module de réservation » est une solution : elle appartient au prestataire, qui doit la proposer et expliquer pourquoi.
Il n’a pas besoin d’être long, mais chaque exigence doit se vérifier. « Un site moderne et rapide » ne se vérifie pas. « Chaque page s’affiche correctement de 320 à 1 920 pixels de large et respecte les seuils des Core Web Vitals » se vérifie. Chez ECOTEC, où je coordonne l’agence web et les prestataires, c’est ce qui fait gagner le plus de temps des deux côtés : un besoin, et la façon dont on saura qu’il est rempli.
Le plan type :
Qui vous êtes, ce que vous vendez, à qui et sur quelle zone. Puis l’existant : le site actuel (adresse, technologie, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas), le nom de domaine et le nom de son titulaire, les outils en place (agenda, outil de devis, fiche Google, réseaux sociaux).
Exemple type : « Entreprise de rénovation à Nîmes, intervention dans le Gard. Site actuel ancien, non modifiable par nous, très peu de demandes reçues par ce biais. Domaine enregistré par l’ancien prestataire. »
Le piège : oublier de dire qu’un site existe déjà. Une refonte demande un inventaire des pages et un plan de redirections, sinon le référencement acquis se perd. C’est l’objet de la checklist de refonte.
Deux ou trois objectifs, chacun avec un indicateur. Pas « être plus visible », mais « recevoir des demandes de devis complètes par le formulaire » ou « réduire les appels qui demandent les horaires et la zone d’intervention ». Notez la situation de départ si vous la connaissez : sans point de départ, impossible de dire plus tard si le site a servi.
Le piège : attendre du site ce qu’il ne peut pas faire seul. Un site ne crée pas la demande ; il la capte, la rassure et la transforme en prise de contact.
Pour chaque type de visiteur : ce qu’il cherche, ce qu’il doit trouver, et l’action attendue. Deux ou trois profils suffisent souvent, par exemple le particulier, le client professionnel et le candidat à un emploi. Décrivez le parcours idéal en une phrase : « arrive depuis Google sur la page du service, vérifie la zone d’intervention et des réalisations, demande un devis ».
La liste des pages et leur hiérarchie, avec pour chacune son rôle et la question principale à laquelle elle répond. Une page par service vaut mieux qu’une page unique qui les liste tous : chaque page peut alors répondre à une recherche précise, et le visiteur trouve tout de suite ce qui le concerne.
Exemple type : accueil ; une page par service ; réalisations ; à propos ; contact ; mentions légales et confidentialité.
Écrivez chaque fonctionnalité comme un besoin, avec sa priorité et le critère qui dira qu’elle fonctionne. Le tableau ci-dessous est un exemple type, à adapter.
| Fonctionnalité | Besoin | Priorité | Critère d’acceptation |
|---|---|---|---|
| Formulaire de devis | Recevoir des demandes complètes | Indispensable | La demande arrive par e-mail avec tous les champs ; le visiteur voit une confirmation |
| Réalisations | Prouver la qualité du travail | Indispensable | Photos légères, légendées, avec un texte alternatif |
| Prise de rendez-vous | Éviter les allers-retours | Utile | Le créneau réservé apparaît dans l’agenda de l’entreprise |
| Actualités | Montrer une activité vivante | Plus tard | Publication possible sans prestataire |
| Version anglaise | Accueillir une clientèle étrangère | Plus tard | Chaque page traduite, langues déclarées entre elles |
La colonne « priorité » est la plus utile du document : elle permet de tenir un budget sans renoncer à l’essentiel, et prépare déjà une deuxième version.
Qui écrit les textes, qui fournit les photos, qui traduit, et pour quand. C’est la rubrique la plus souvent oubliée, et souvent ce qui bloque la mise en ligne : le site est prêt, les textes ne le sont pas. Pour chaque page, indiquez si le contenu est fourni par vous, à rédiger par le prestataire ou à reprendre de l’ancien site. Pour les images : de vraies photos de votre activité de préférence, et des droits d’utilisation vérifiés pour les autres.
Votre charte (logo, couleurs, typographies) si elle existe, deux ou trois sites que vous aimez et pourquoi, ce que vous ne voulez surtout pas. Précisez le nombre de propositions et d’allers-retours prévus sur la maquette : sans cette limite, la phase de design peut s’étirer sans fin.
Décrivez vos contraintes plutôt qu’une technologie : qui modifiera quoi, à quelle fréquence, quels outils doivent être connectés, combien de langues. Un outil de gestion de contenu se justifie si vous publiez souvent ; un site statique est plus rapide et demande très peu de maintenance si le contenu bouge peu. Puis exigez trois choses :
Ajoutez qui assure la maintenance après la mise en ligne : mises à jour, sauvegardes, renouvellement du domaine.
Les recherches visées (quelques requêtes par page), la zone géographique réelle, et les exigences techniques : un titre et une description uniques par page, des adresses lisibles, un sitemap, des données structurées adaptées, la Search Console configurée à votre nom. En cas de refonte, ajoutez une ligne non négociable : chaque ancienne adresse redirigée en 301 vers son équivalent, plan de redirections testé avant la mise en ligne.
Un site d’entreprise doit afficher des mentions obligatoires : identité de la société, coordonnées, numéro d’immatriculation, identité de l’hébergeur, et des conditions générales de vente si vous vendez à des particuliers. Si le site utilise des cookies non indispensables (publicité, la plupart des outils de mesure d’audience), il faut un consentement préalable, et refuser doit être aussi simple qu’accepter. Listez aussi chaque formulaire et les données qu’il collecte : tout cela devra figurer dans la politique de confidentialité.
Pour l’accessibilité, deux textes peuvent vous concerner. L’obligation de conformité au RGAA, le référentiel français, vise les organismes publics (et certains organismes privés chargés d’une mission de service public) et les entreprises dont le chiffre d’affaires réalisé en France atteint 250 millions d’euros, en moyenne sur les trois derniers exercices. Et depuis le 28 juin 2025, la directive européenne 2019/882 impose l’accessibilité à plusieurs services fournis aux consommateurs, dont le commerce électronique. Les microentreprises qui fournissent ces services en sont exemptées : moins de 10 personnes, et un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan annuel qui n’excède pas 2 millions d’euros. Un site vitrine qui ne vend rien en ligne n’est en général pas concerné, sauf dans les secteurs visés par la directive (banque, transport de voyageurs, communications électroniques). Même sans obligation, inscrivez le RGAA comme objectif : un site accessible est plus lisible pour tout le monde.
Ce que vous voulez suivre (demandes de contact, clics sur le téléphone, téléchargements), avec quel outil, et dans le respect du consentement. Écrivez ces actions dans un plan de marquage : c’est lui qui permettra de vérifier les objectifs de la rubrique 2.
Une date de mise en ligne souhaitée et, surtout, les contraintes réelles qui la justifient (un salon, une saison, une ouverture). Donnez une fourchette de budget : sans elle, chaque prestataire répond à un projet différent et les devis ne se comparent pas. Demandez un devis décomposé par rubrique, et le coût annuel après la mise en ligne : domaine, hébergement, maintenance, licences éventuelles.
La recette est la vérification du site avant sa mise en ligne. Écrivez dès maintenant comment elle se fera : qui teste, sur quels appareils et navigateurs, avec quelle liste de contrôle, et ce qui bloque la mise en ligne ou non. C’est la rubrique qui protège le plus les deux parties, parce qu’elle définit ce que « terminé » veut dire. Le détail des contrôles est dans la checklist de recette.
Envoyez le même document à chaque prestataire consulté, avec une date limite et la liste des points à traiter dans la réponse :
Méfiez-vous d’une réponse qui reprend votre document sans poser une seule question. Un prestataire qui l’a vraiment lu trouve presque toujours un point à préciser, et c’est bon signe.
Un bon cahier des charges dit pourquoi le site existe, ce qu’il contient, qui fournit quoi, ce qui vous appartient et comment on saura qu’il est terminé. Remplissez les 13 rubriques, même brièvement, classez les fonctionnalités par priorité et écrivez les critères de recette avant de demander le moindre devis.
Si vous voulez de l’aide pour cadrer votre projet, ou pour le mener jusqu’à la mise en ligne, c’est par là que commencent mes projets de création de site internet.
C’est à l’entreprise qui commande le site de porter les besoins : elle seule connaît ses clients, ses objectifs et ses contraintes. Elle peut se faire aider par un chef de projet ou confier une phase de cadrage au prestataire, mais c’est elle qui valide le document final.
Il n’y a pas de norme. Pour un site vitrine, quelques pages suffisent si chaque exigence est précise et vérifiable ; un projet avec espace client ou paiement en ligne en demande davantage. Un document court et précis vaut mieux qu’un long document vague.
Le cahier des charges décrit ce dont vous avez besoin et comment vous vérifierez le résultat. Les spécifications techniques décrivent comment le prestataire va le construire : elles sont rédigées par lui, à partir de votre cahier des charges, et vous les validez.
Oui, même réduit à deux pages. Le minimum : les objectifs, la liste des pages, qui fournit les contenus, le budget, ce qui vous appartiendra à la fin et la façon dont le site sera vérifié avant sa mise en ligne. C’est ce qui évite la plupart des malentendus.
Demandez que le devis ou le contrat signé y fasse référence, dans sa version datée, et que chaque modification ultérieure soit écrite et validée par les deux parties. En cas de doute sur la portée juridique d’un document, un juriste pourra vous le confirmer.
Cahier de recette, parcours, formulaires, paiements, mobile, accessibilité, SEO, retour arrière : la checklist pour mettre un site en ligne sans surprise.
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