Cahier des charges d’un site internet : le modèle commenté
Modèle de cahier des charges pour un site internet, commenté rubrique par rubrique : objectifs, pages, contenus, technique, SEO, RGPD et critères de recette.
9 min de lectureLire le guideCahier de recette, parcours, formulaires, paiements, mobile, accessibilité, SEO, retour arrière : la checklist pour mettre un site en ligne sans surprise.

Une mise en ligne ratée tient rarement à une grande panne. C’est un formulaire de contact dont les messages n’arrivent nulle part, un paiement qui échoue sur téléphone, un lien vers l’ancien site, une balise oubliée qui empêche Google d’indexer les pages. Chacune de ces erreurs se repère en quelques minutes avant la mise en ligne, et coûte des clients après.
La recette sert à les attraper à temps. Dans mon poste de chef de projet digital, je coordonne une agence web et des prestataires : la recette est le moment où je vérifie que ce qui est livré correspond à ce qui a été demandé. Voici la méthode, la checklist complète et un modèle de tableau de suivi des anomalies à reprendre tel quel.
La recette est l’ensemble des vérifications faites par le client, ou par celui qui le représente, pour accepter un site avant sa mise en production. Le mot vient de « recevoir » : on réceptionne une livraison, comme on réceptionne un chantier.
Elle ne remplace pas les tests du développeur, elle les complète. Le développeur vérifie que son code fonctionne ; la recette vérifie que le site répond au besoin. On distingue souvent deux temps :
Elle se fait sur un environnement de préproduction, copie fidèle du futur site en ligne, jamais directement sur le site public.
Tester « en cliquant partout » laisse passer l’essentiel. Le cahier de recette transforme le cahier des charges en liste de vérifications. Il contient :
Commencez par ce qui rapporte : les parcours qui mènent à un contact, un devis ou une commande. Puis élargissez.
Pour les paiements, n’utilisez jamais une vraie carte en préproduction. Stripe fournit des numéros de carte de test : 4242 4242 4242 4242 pour un paiement accepté, 4000 0000 0000 0002 pour un refus, et des cartes dédiées à l’authentification forte. Shopify propose une passerelle de test et un mode test pour Shopify Payments, et rappelle qu’on peut aussi passer une vraie commande puis la rembourser, en acceptant d’éventuels frais. Le jour J, vérifiez surtout que les clés de test ont bien été remplacées par les clés de production.
Pour le bandeau, le test est simple : ouvrez le site en navigation privée, ouvrez l’onglet Réseau des outils de développement, refusez, puis naviguez. Aucune requête ne doit partir vers un outil de mesure ou de publicité.
Testez sur de vrais appareils, au minimum un iPhone et un téléphone Android, en plus du mode responsive de votre navigateur. Sur ordinateur, passez par Chrome, Safari, Firefox et Edge. Vérifiez les petites largeurs : les règles d’accessibilité WCAG demandent qu’un contenu reste lisible sans défilement horizontal à 320 pixels CSS de large, ce qui équivaut à un zoom à 400 % sur un écran de 1 280 pixels.
En France, le référentiel de référence est le RGAA, publié par la direction interministérielle du numérique : dans sa version 4.1.2, 106 critères, avec les tests associés (une version 5 est annoncée pour fin 2026). Si vous vendez en ligne, l’accessibilité n’est plus une option : depuis le 28 juin 2025, les obligations issues de la directive européenne sur l’accessibilité s’appliquent au commerce électronique, avec une exemption possible pour les microentreprises (moins de 10 salariés et chiffre d’affaires annuel ou total de bilan inférieur à 2 millions d’euros).
Passez les gabarits principaux (accueil, page de service ou catégorie, fiche produit, article) dans PageSpeed Insights, en version mobile. Regardez l’image principale, le poids des pages et les scripts tiers. Les seuils et les corrections sont détaillés dans le guide sur les Core Web Vitals.
Une préproduction ne doit pas être indexée ; le site en ligne, si. Le passage de l’une à l’autre est le moment où se produit l’erreur la plus coûteuse : une consigne de blocage oubliée qui empêche l’indexation du site, ou fait sortir ses pages des résultats.
noindex ni en-tête X-Robots-Tag sur les pages à indexerDisallow: / hérité de la préproductionInversement, une consigne noindex n’est lue que si la page reste accessible au robot : bloquer une page dans le robots.txt empêche Google de voir son noindex. Sur ce site, les adresses de prévisualisation reçoivent automatiquement un en-tête X-Robots-Tag: noindex, seul le domaine principal est indexable, et un script de contrôle vérifie avant chaque mise en ligne les titres, les balises canoniques, les liens internes et les données structurées de toutes les pages. Pour une refonte, la méthode complète est dans le guide refonte de site sans perte de référencement.
Une anomalie signalée par e-mail ou par message se perd. Un tableau partagé, une ligne par anomalie, suffit dans la plupart des projets. Voici le modèle que je recommande, avec trois lignes en exemple type :
| N° | Page ou parcours | Appareil et navigateur | Étapes et résultat obtenu | Résultat attendu | Gravité | Responsable | Statut |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Commande, étape paiement | iPhone, Safari | Carte refusée : la page reste blanche | Message d’erreur et retour au choix du paiement | Bloquant | Prestataire | Corrigé, à vérifier |
| 2 | Formulaire de contact | Ordinateur, Firefox | Confirmation affichée, aucun e-mail reçu par l’équipe | E-mail reçu à l’adresse prévue | Majeur | Prestataire | En cours |
| 3 | Page À propos | Android, Chrome | Photo d’équipe déformée | Photo à ses proportions | Mineur | Intégrateur | Ouvert |
Ajoutez deux colonnes utiles : la date de signalement et une capture d’écran (ou une courte vidéo). Pour la gravité, une échelle simple suffit :
Pour le statut : Ouvert, En cours, Corrigé (à vérifier), Vérifié, ou Refusé avec une explication. Une règle évite bien des discussions : seule la personne qui a signalé l’anomalie la passe en « Vérifié », après l’avoir testée de nouveau.
Une bonne recette tient en quatre gestes : un cahier de recette préparé à partir du cahier des charges, des tests sur de vrais appareils avec des données de test, un tableau d’anomalies classées par gravité, et une décision écrite à la fin. Mise en ligne, mise en ligne avec réserves datées, ou report : peu importe, tant que la décision est explicite et partagée. Le jour J, gardez cette checklist ouverte et commencez par le SEO et les paiements. Si vous préparez un nouveau site et voulez être accompagné jusqu’à sa mise en ligne, voyez ma page création de site internet.
C’est le document qui liste ce qu’il faut vérifier avant d’accepter un site : les parcours à tester, les étapes, le résultat attendu pour chacun, les comptes et données de test, les appareils ciblés et les critères d’acceptation. Il se construit à partir du cahier des charges et sert ensuite de référence en cas de désaccord.
Le prestataire teste son travail, mais la recette revient au client ou à son chef de projet, qui vérifie que le site répond au besoin. L’idéal est d’y associer les futurs utilisateurs : les équipes qui traiteront les demandes, et si possible quelques clients. Une personne qui n’a pas construit le site repère plus facilement ce qui ne va pas.
Utilisez le mode test de votre solution de paiement : Stripe fournit des numéros de carte de test pour simuler un paiement accepté, refusé ou une authentification forte, et Shopify propose une passerelle de test. Après la mise en ligne, une vraie commande suivie d’un remboursement confirme que tout fonctionne avec les clés de production.
Oui, si elles sont mineures ou cosmétiques, connues et planifiées avec une date de correction : c’est une mise en ligne avec réserves. Jamais avec une anomalie bloquante, qui empêche un parcours clé comme commander ou envoyer une demande. Notez la décision par écrit pour que chacun sache ce qui reste à faire.
Cela dépend du nombre de pages, de fonctions et de profils à tester, mais prévoyez toujours au moins deux tours : un premier passage, puis un second après corrections. Réservez aussi du temps à vos équipes, car la recette utilisateur ne se délègue pas entièrement au prestataire.
Modèle de cahier des charges pour un site internet, commenté rubrique par rubrique : objectifs, pages, contenus, technique, SEO, RGPD et critères de recette.
9 min de lectureLire le guide
Refonte de site sans perte de trafic : inventaire des URL, redirections 301, 404 ou 410 pour le contenu retiré, réglages de bascule et suivi Search Console.
8 min de lectureLire le guide
Cadrage, cahier des charges, coordination, recette, mesure : ce que fait un chef de projet digital, ses compétences, et le choix entre interne et indépendant.
7 min de lectureLire le guide